18.07.2007

Kitschgarten?

En contrebas de l'autoroute Cologne-Bonn, j'aperçois ce qui semble être une clairière parsemée de quelques constructions de bois. Sur ces constructions colorées, quelques fagnons. Le tout ressemblant à une plaine de jeu ou à un troupeau d'abris de jardins. La vérité est un peu entre les deux puisqu'il s'agit d'un schrebergarten, une communauté de jardin pourrions-nous dire, comme il en existe des milliers en Allemagne, aux abords des villes.

Au 19ème siècle, en période d'industrialisation naissante, le Docteur Schreber recommanda aux enfants de sa ville natale de Leipzig de s'échapper un peu des villes et de goûter au grand air autant que possible. La qualité de l'alimentation intéressait sans doute aussi le docteur qui voyait la nécessité de consommer plus de légumes frais. En quelques décennies devinrent populaires les Schrebergarten.

Ainsi, chacun ou chaque famille pouvait louer une petite parcelle de terrain comme espace de jeu, de jardinage ou de culture potagère -bien souvent un peu des trois. Un petit jardin vers lequel s'échapper pour quelques heures le week-end, loin de l'appartement exigu.

Pourquoi 'communauté'? Parce que si chacun loue bien son coin de terre, les parcelles sont regroupées pour leur gestion en petites communautés. Chaque communauté aura son propre règlement extérieur, qui pourra contenir toutes les dispositions imaginables concernant les horaires, l'utilisation des tondeuses, le nombre et la taille des nains de jardins, la hauteur et les matériaux utilisés pour les petites constructions. Même la loi allemande contiendrait près de dix pages de prescriptions quant à la gestion de ces parcelles...

Si ces garten tiennent parfois du show-room de kitscheries en tout genre, ils ont aussi rendus d'autres services. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, alors que beaucoup d'habitations avaient été détruites par les bombardements et que les centre-villes étaient moins hospitaliers, les locataires de Schrebergarten furent légalement autorisés à construire (ou améliorer les constructions existantes, abris de jardin et autres) sur ces parcelles pour en faire leur résidence temporaire. L'autorisation légale, si elle devait à l'origine répondre à une pénurie temporaire de logement, fut maintenue plusieurs décennies, par simple inertie administrative peut-être. Ainsi, avec le temps, certains de ces jardins se rapprochèrent plus du village vacances ou du camping résidentiel que de l'espace vert...

Mais voilà, il semblerait que la loi a été modifiée et que bientôt les nouvelles constructions ne seront plus autorisées. Et beaucoup de constructions existantes devront même être détruites, à moins que les habitants ne soient encore les habitants originaux de l'immédiat après-guerre. Voilà qui pourrait expliquer les prix incroyablements bas de certaines 'maisons de banlieue' sur le marché immobilier allemand. A bon entendeur...

 

17.07.2007

Exit l'Atelier

Au Tomberg, la boulangerie l'Atelier a fermé. Ca marchait pourtant bien, même si les vendeuses n'étaient pas particulièrement sympathiques. Au revoir les délicieuses tartes au sucre brun dégoulinant.

Ici, au début de la Severinstrasse, j'ai pu enfin découvrir la boulangerie Brochmann. Le volet de bois était abaissé ces dernières semaines car leur four était tombé en panne. C'est bien comme cela que l'on me l'avait présentée: comme l'une des rares boulangeries où l'on prépare encore et cuit le pain sur place, en parfumant la rue par la même occasion. Maintenant que leur four est réparé, les affaires reprennent. Deux schokocroissants ce matin, mais bientôt je découvre leur pain.