07.07.2008

énumération

Vu il y a quelques jours à l'Arkadas Theater, le duo-tonique de Claire et Lol. Elle est française (mais réside à Zürich), elle est allemande. Elles chantent en allemand, en français, en anglais et en italien. Un répertoire inconnu de moi ou presque: les chansons des années 30, 40 et 50. Deux voix, un piano, quatre mains, et une vingtaine de spectateurs. L'occasion de découvrir un lieu... enfin.

09.10.2007

Droite cité

Ce matin, en passant sur le Severinsbrücke, on ne pouvait pas voir la surface du Rhin, quelques dizaines de mètres plus bas. Le brouillard. On ne voyait évidemment pas non plus l'autre rive, ni le sommet du pilier excentré de ce pont à haubans. Ainsi, au milieu du tablier, on se retrouvait dans un cortège étrange de voitures aux phares adoucis. Procession nombreuse entrant dans la ville; navetteurs éparses la fuyant, comme moi.

Harald me disait il y a quelques mois que je me devais d'habiter sur la rive gauche. La seule qui soit vraiment Cologne. La rive droite est plus récente, plus moderne, plus banlieue.

Je pense à la Fièvre d'Urbicande et aux deux rives de la ville. Deux ponts tentent de les réunir, l'absence du troisième les sépare.

Mercredi dernier, à la faveur d'un jour férié, j'ai parcouru à vélo la ville en tous sens. La rive gauche. Mais presque par hasard, je me suis retrouvé sur les premiers mètres du pont Hohenzollern. Presque sans y croire, j'ai pédalé entre les promeneurs de ce dimanche de semaine et les voies ferrées. J'ai vu la rive droite s'approcher. J'ai atteint la moitié du pont... presque... et je me suis arrêté. L'eau grise plus bas coulait rapidement, ponctuée de mouettes endormies. Il faisait calme et la rive droite semblait propre, accueillante, aérée. Je voudrais vous dire qu'après ma pause, j'ai fait demi-tour.

Mais en fait, je n'ai pas rebroussé chemin. J'ai roulé jusque la rive droite. Mais j'ai ensuite longé le Rhin d'aussi près que possible, gardant la rive gauche et ses toits dans mon regard. J'ai longé le fleuve rapidement, jusqu'à revenir au Severinsbrücke, qui m'a ramené chez moi.

 

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Le pont de Tacoma en 1940.

27.09.2007

J'adore

Hier soir, nocturne au musée des arts appliqués de Cologne, pour l'exposition Dior und Deutschland.

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1947-2007... Etes-vous né à la bonne époque?

18.07.2007

Kitschgarten?

En contrebas de l'autoroute Cologne-Bonn, j'aperçois ce qui semble être une clairière parsemée de quelques constructions de bois. Sur ces constructions colorées, quelques fagnons. Le tout ressemblant à une plaine de jeu ou à un troupeau d'abris de jardins. La vérité est un peu entre les deux puisqu'il s'agit d'un schrebergarten, une communauté de jardin pourrions-nous dire, comme il en existe des milliers en Allemagne, aux abords des villes.

Au 19ème siècle, en période d'industrialisation naissante, le Docteur Schreber recommanda aux enfants de sa ville natale de Leipzig de s'échapper un peu des villes et de goûter au grand air autant que possible. La qualité de l'alimentation intéressait sans doute aussi le docteur qui voyait la nécessité de consommer plus de légumes frais. En quelques décennies devinrent populaires les Schrebergarten.

Ainsi, chacun ou chaque famille pouvait louer une petite parcelle de terrain comme espace de jeu, de jardinage ou de culture potagère -bien souvent un peu des trois. Un petit jardin vers lequel s'échapper pour quelques heures le week-end, loin de l'appartement exigu.

Pourquoi 'communauté'? Parce que si chacun loue bien son coin de terre, les parcelles sont regroupées pour leur gestion en petites communautés. Chaque communauté aura son propre règlement extérieur, qui pourra contenir toutes les dispositions imaginables concernant les horaires, l'utilisation des tondeuses, le nombre et la taille des nains de jardins, la hauteur et les matériaux utilisés pour les petites constructions. Même la loi allemande contiendrait près de dix pages de prescriptions quant à la gestion de ces parcelles...

Si ces garten tiennent parfois du show-room de kitscheries en tout genre, ils ont aussi rendus d'autres services. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, alors que beaucoup d'habitations avaient été détruites par les bombardements et que les centre-villes étaient moins hospitaliers, les locataires de Schrebergarten furent légalement autorisés à construire (ou améliorer les constructions existantes, abris de jardin et autres) sur ces parcelles pour en faire leur résidence temporaire. L'autorisation légale, si elle devait à l'origine répondre à une pénurie temporaire de logement, fut maintenue plusieurs décennies, par simple inertie administrative peut-être. Ainsi, avec le temps, certains de ces jardins se rapprochèrent plus du village vacances ou du camping résidentiel que de l'espace vert...

Mais voilà, il semblerait que la loi a été modifiée et que bientôt les nouvelles constructions ne seront plus autorisées. Et beaucoup de constructions existantes devront même être détruites, à moins que les habitants ne soient encore les habitants originaux de l'immédiat après-guerre. Voilà qui pourrait expliquer les prix incroyablements bas de certaines 'maisons de banlieue' sur le marché immobilier allemand. A bon entendeur...

 

17.07.2007

Exit l'Atelier

Au Tomberg, la boulangerie l'Atelier a fermé. Ca marchait pourtant bien, même si les vendeuses n'étaient pas particulièrement sympathiques. Au revoir les délicieuses tartes au sucre brun dégoulinant.

Ici, au début de la Severinstrasse, j'ai pu enfin découvrir la boulangerie Brochmann. Le volet de bois était abaissé ces dernières semaines car leur four était tombé en panne. C'est bien comme cela que l'on me l'avait présentée: comme l'une des rares boulangeries où l'on prépare encore et cuit le pain sur place, en parfumant la rue par la même occasion. Maintenant que leur four est réparé, les affaires reprennent. Deux schokocroissants ce matin, mais bientôt je découvre leur pain.

21.06.2007

Herme

Par hasard, en marchant sur un trottoir, j'ai vu les entrailles de cette ville. Les cuisines, les coulisses, l'envers du décor, les rouages. Un puit impromptu de vingt mètres au moins m'a révélé des poutrelles en acier rouge et rugueux qui portent la rue et la ville. Des parois de béton ou de terre jaune, rouge et grasse. Quelques humains accroupis au fond, autour de quelque chose. Certains secrets sont bien gardés.

02.03.2007

Partir c'est revenir bientôt

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J'emprunte la route du retour
Avec délicatesse et prudence
Pour qu'elle serve longtemps.
A4, Aachen